Architecte écologique : ce que ce terme recouvre vraiment
Tapez « architecte écologique » sur un moteur de recherche et vous obtenez la même promesse répétée d’un site à l’autre : démarche éco-responsable, matériaux durables, habitat sain. Le vocabulaire est partout, les preuves beaucoup plus rarement. Le terme architecte écologique ne correspond à aucun statut réglementé ni à aucune mention protégée par l’Ordre des architectes : n’importe quel cabinet peut l’employer.
Chez Groupe Seuil, nous préférons nous exposer à la vérification plutôt qu’à l’adjectif. Cet article détaille ce qui, selon nous, doit fonder ce terme quand on l’emploie pour de vrai : un statut juridique qui engage l’entreprise, une autorité reconnue par des pairs et des institutions, des labels obtenus sur des bâtiments livrés, des matériaux effectivement mis en œuvre sur des chantiers identifiables.
Sommaire
- Que recouvre vraiment le terme « architecte écologique »
- Une entreprise à mission : l’engagement formalisé au-delà du vocabulaire
- L’autorité de Philippe et Leslie Gonçalves sur les enjeux écologiques
- Des labels obtenus sur des projets réels, pas sur un discours
- Les matériaux mobilisés sur nos chantiers
- Ce qu’un label ne garantit pas
- Questions fréquentes
- Mobiliser nos expertises
Que recouvre vraiment le terme « architecte écologique »
Un architecte écologique n’a pas de définition légale : contrairement au titre d’architecte, protégé et délivré par l’Ordre, l’accolement d’un adjectif comme « écologique » ne fait l’objet d’aucun contrôle. La vérification vient donc de faits opposables : un statut d’entreprise engagé formellement, des labels décernés par des tiers indépendants sur des bâtiments livrés, des matériaux biosourcés réellement posés sur un chantier, une reconnaissance institutionnelle qui dépasse le cadre du cabinet lui-même.
Un terme sans statut réglementé
L’Ordre des architectes régule l’exercice de la profession, la responsabilité civile, la déontologie. Il ne délivre en revanche aucune mention « architecte écologique », ni aucun label de spécialisation environnementale attaché au titre. Cette absence de cadre explique la profusion du terme dans les descriptions commerciales.
Les signaux qui distinguent un engagement réel
Quatre signaux permettent, selon nous, cette distinction : un statut juridique qui engage l’entreprise au-delà de sa communication, une reconnaissance par des instances extérieures, des labels obtenus sur des projets identifiables et vérifiables, des matériaux effectivement mobilisés sur des chantiers livrés. Le reste de cet article détaille ces quatre signaux, tels que nous pouvons les documenter chez Groupe Seuil.
Ce que nous observons, projet après projet, dans les consultations où le maître d’ouvrage évoque un besoin écologique : ce n’est pas le vocabulaire employé sur un site internet qui rassure, c’est la capacité à produire une preuve vérifiable. Un maître d’ouvrage public qui compare plusieurs cabinets pour un équipement demande presque toujours à voir un bâtiment déjà livré, un label déjà décerné. Dans notre expérience, le cabinet qui répond avec une adresse de chantier convainc davantage que celui qui répond avec un adjectif.
Une entreprise à mission : l’engagement formalisé au-delà du vocabulaire
Groupe Seuil est constitué en entreprise à mission, statut qui formalise un engagement social et environnemental au-delà d’une simple déclaration d’intention. Ce choix, pris par un cabinet qui existe depuis une vingtaine d’années, engage l’organisation elle-même, pas seulement sa communication.
Ce que signifie ce statut
Le statut de société à mission, introduit par la loi PACTE, impose à l’entreprise d’inscrire dans ses statuts une raison d’être et des objectifs sociaux et environnementaux, dont la poursuite est suivie dans la durée. Ce n’est pas une certification obtenue une fois puis affichée, mais une contrainte que l’entreprise s’impose à elle-même sur la durée de son existence.
Ce que cela change concrètement pour vos projets
Pour un maître d’ouvrage, ce statut signifie que l’attention portée aux usages et à l’impact environnemental n’est pas une option de prestation, mais une composante structurelle du cabinet. Le campus de recherche et développement conçu pour De Sangosse à Deyme illustre cette application à une autre échelle : une chaîne design-build complète, de la conception à la réalisation, mobilisée pour un site de travail scientifique.

L’autorité de Philippe et Leslie Gonçalves sur les enjeux écologiques
Le cabinet est cofondé et dirigé par Philippe Gonçalves, architecte DPLG comptant plus de vingt-cinq ans d’expérience, et par Leslie Gonçalves, figure de l’axe écoresponsable du cabinet. Leur parcours institutionnel dépasse le cadre de l’agence.
Président du Conseil régional de l’Ordre des architectes d’Occitanie (2013-2021)
Philippe Gonçalves a présidé pendant huit ans le Conseil régional de l’Ordre des architectes d’Occitanie, instance qui régule la profession dans la région. Cette fonction suppose une reconnaissance par les pairs, dans une instance dont le rôle est précisément de garantir la déontologie et la compétence de la profession.
Une intervention au Sénat en 2023, sur le biosourcé et le hors-site
En 2023, Philippe Gonçalves est intervenu au Sénat sur la construction biosourcée et le hors-site. Cette reconnaissance institutionnelle, rare pour un cabinet de la taille de Groupe Seuil, atteste d’une expertise sollicitée par des instances législatives sur les sujets mêmes que recouvre, dans le langage courant, le terme d’architecte écologique. Leslie Gonçalves complète cette présence institutionnelle par des interventions publiques centrées sur l’axe écoresponsable du cabinet.
Des labels obtenus sur des projets réels, pas sur un discours
Trois distinctions, décernées par des instances indépendantes sur des bâtiments livrés, documentent l’engagement écologique du cabinet au-delà de la déclaration : le label BDO niveau Or sur un collège, une mention internationale aux Green Solutions Awards lors de la COP28 sur un éco-campus, un prix Bas Carbone sur une usine.
Label BDO niveau Or : le collège de Castelnau-d’Estrétefonds
Le collège de Castelnau-d’Estrétefonds a obtenu le niveau Or du label Bâtiment Durable Occitanie, référentiel régional qui évalue la performance environnementale d’un bâtiment sur des critères vérifiés par un tiers, pas sur une auto-déclaration du maître d’œuvre.
Green Solutions Awards, mention internationale COP28
L’éco-campus de Lasbordes a reçu une mention internationale aux Green Solutions Awards lors de la COP28, reconnaissance qui place le projet dans une compétition internationale jugée par un jury externe au cabinet. L’usine AEREM à Pujaudran a de son côté obtenu le prix Bas Carbone des mêmes Green Solutions Awards.
Les matériaux mobilisés sur nos chantiers
Un label distingue un projet achevé. Les matériaux, eux, se choisissent en amont, projet par projet. Trois familles reviennent sur nos réalisations récentes : la terre crue et la structure bois-paille, le béton bas carbone associé à l’ossature bois, la géothermie et le photovoltaïque.
Terre crue et structure bois-paille : le site Arcadie à Alès
Le site de production Arcadie, à Alès, associe une structure bois-paille et un usage de la terre crue, matériau que nous documentons également dans notre approche de l’architecture en terre crue. Ce choix constructif ne relève pas d’un geste esthétique isolé : il structure l’enveloppe du bâtiment et ses performances thermiques.

Béton bas carbone, ossature bois, géothermie et photovoltaïque
Le collège de Castelnau-d’Estrétefonds associe béton bas carbone, murs à ossature bois et charpente bois, combinaison qui a contribué à l’obtention du label BDO Or évoqué plus haut. Sur l’usine AEREM et le site Symétrie à Nîmes, la géothermie et le photovoltaïque complètent la démarche de sobriété énergétique. Notre approche générale des matériaux est développée dans notre article sur les matériaux durables pour la construction.
Ce qu’un label ne garantit pas
Un label ou une mention certifie un bâtiment précis, construit dans des conditions précises de site, de budget et de programme. Il ne constitue ni une doctrine transposable telle quelle à tout projet, ni une promesse de résultat identique sur la prochaine commande.
Un label valide un projet, pas un cabinet en général
Le niveau Or du label BDO obtenu sur le collège de Castelnau-d’Estrétefonds atteste de la performance de ce bâtiment précis, évaluée sur ses critères propres. Un statut d’entreprise à mission engage l’organisation dans la durée, mais ne dispense pas de vérifier, projet par projet, ce qui est réellement mis en œuvre.
Les arbitrages que l’écologie impose parfois
La terre crue exige des conditions de site et un savoir-faire d’exécution spécifiques : elle ne se pose pas sur n’importe quel programme ni dans n’importe quel budget. Une ossature bois répond à des exigences de résistance au feu à traiter en amont avec les bureaux d’études, en particulier sur des établissements recevant du public. Sur certains programmes contraints en délai ou en budget, un arbitrage s’impose entre l’ambition initiale et ce que le site permet réellement : un cabinet honnête l’annonce en amont, pas après la livraison.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un architecte écologique, concrètement ?
Il n’existe pas de définition légale ni de mention protégée pour ce terme, contrairement au titre d’architecte lui-même. Dans les faits, un engagement écologique réel se documente par des signaux vérifiables : un statut juridique qui formalise l’engagement, des labels obtenus sur des bâtiments livrés, des matériaux effectivement posés sur des chantiers identifiables et, le cas échéant, une reconnaissance institutionnelle externe au cabinet. Cette prudence protège le maître d’ouvrage contre les discours trop généraux. Elle oblige aussi le cabinet à montrer des réalisations plutôt qu’à s’abriter derrière une intention.
Le label BDO est-il obligatoire pour qu’un projet soit considéré comme écologique ?
Non, le label Bâtiment Durable Occitanie n’est pas une obligation réglementaire : c’est un référentiel volontaire, évalué par un tiers, qui vérifie objectivement la performance environnementale d’un bâtiment. Un projet peut intégrer une démarche écologique sérieuse sans viser ce label, mais son obtention, comme pour le collège de Castelnau-d’Estrétefonds, apporte une vérification externe difficile à obtenir autrement. Le label reste cependant utile lorsqu’un maître d’ouvrage veut objectiver ses choix devant une collectivité, un financeur ou des usagers. Il transforme une intention environnementale en trajectoire vérifiable.
Qu’est-ce qu’une entreprise à mission, et pourquoi cela concerne mon projet ?
Une entreprise à mission inscrit dans ses statuts une raison d’être et des objectifs sociaux et environnementaux suivis dans la durée, un cadre introduit par la loi PACTE. Pour un maître d’ouvrage, cela signifie que l’attention portée aux usages et à l’impact environnemental n’est pas une option ponctuelle, mais une composante structurelle de l’entreprise avec laquelle il travaille. Ce statut ne garantit pas à lui seul la qualité d’un bâtiment, mais il crée un cadre de cohérence. Il devient pertinent lorsqu’il se traduit ensuite dans les arbitrages de conception et de chantier.
Le biosourcé (terre crue, paille, bois) coûte-t-il plus cher qu’une construction classique ?
Le coût ne se compare pas au mètre carré de matériau isolé, mais au projet complet : rapidité de montage, légèreté des fondations et performance énergétique entrent dans le calcul. Certains choix biosourcés, comme la terre crue, exigent en revanche des conditions de site spécifiques, à évaluer en amont avec l’équipe de conception avant de fixer un budget. Le rôle de l’architecte est précisément de comparer ces options dans le contexte du site et du programme. Une solution biosourcée pertinente sur un projet peut être inadaptée sur un autre.
Mobiliser nos expertises
Le terme architecte écologique restera imprécis tant qu’il ne sera adossé à aucune preuve vérifiable. Chez Groupe Seuil, nous préférons documenter ce que nous pouvons prouver : un statut d’entreprise à mission, une autorité reconnue jusqu’au Sénat, des labels obtenus sur des bâtiments livrés, des matériaux mis en œuvre sur des chantiers identifiables à Alès, Castelnau-d’Estrétefonds, Pujaudran ou Deyme.
Si votre projet appelle une démarche écologique sérieuse, discutons de ce qu’elle recouvre réellement pour votre programme et votre site. Mobiliser nos expertises.


